mardi 28 novembre 2017

Le fameux 8 de la pêche aux muskies

Le «8» est une technique souvent utilisée au muskie qui consiste à faire un «8» (ben oui, pas un 4 sinon ils auraient appelés ça un 4! pfff ). Mais pourquoi donc??? Le muskie est un poisson qui a tendance à suivre les leurres qu'on lui présente, soit par curiosité, par analyse ou alors parce qu'il n'a rien d'autre à faire allez savoir!

Toujours est-il que le fameux «8» permet de ne pas manquer certains poissons qui peuvent nous surprendre près de l'embarcation. Il arrive que les muskies suivent à quelques mètres sous le leurre et qu'on ne les voient pas ou bien alors qu'on les voit clairement suivre mais sans se décider à attaquer!  Le changement de direction du leurre provoqué par le «8» peut ainsi les décider! Par ailleurs, pour les gros muskies de plus de 50 po, il peut être pertinent de faire un grand cercle plutôt qu'un «8»... ben oui, vous avez déjà vu un sous-marin se contorsionner???

Si dessous une courte vidéo qui illustre bien le fameux «8» sauf que... le salopard de salopard se décroche :)



manqué sur le 8 from Guillaume Delair on Vimeo.

C'est quand on oublie la gopro...

Ça fait vraiment longtemps que je ne suis pas allé sur le blogue! Beaucoup de sorties de pêche ont été vécues et publiées sur Facebook et ce n'est peut-être pas le meilleur moyen pour compiler les souvenirs... Je commence par où??? Il y a tant à dire!

Je vais commencer par une sortie vraiment géniale avec mon ami Dominique au mois d'octobre dernier au muskie... On est allé sur un plan d'eau qui a été... comment dire... très capricieux cette année!  C'est donc sans grandes attentes que l'on arrive sur le bord du plan d'eau de bon matin... on débarque les kayaks... Je m'équipe de mes petites chaussures en néoprène (j'ai d'ailleurs peut-être un peu sous-estimé la température de l'eau vu qu'on commence la pêche avec un petit 1 degré)... et je prends ma caméra.... ma caméra?? Elle est où cette p***** de caméra?? Ben oui! Je l'ai oublié à la maison...


Bref... journée sans gopro pour immortaliser l'instant. Je ne suis d'ailleurs pas très très confiant, l'eau est vraiment teintée, ça n'augure rien de bon...C'est pas grave, on est bien même s'il fait frais! Let's go fishing, vers l'infini... et au delà! 


J'installe mon leurre magique qui m'a valu beaucoup de poissons cette année : un buster jerk! Le colori utilisé est parfait pour les eaux teintées! Un peu de chartreuse, un peu d'orange, faut que ça flashe!

J'adore pêcher au glider pour le muskie.... J'ai d'ailleurs une façon bien particulière de l'animer. Je m'explique : conventionnellement, le glider s'utilise en «walk the dog», c'est à dire par tirées successives, canne basse, afin de le faire aller de gauche à droite. Pour ma part, je préfère y aller de façon plus agressive pour le muskie. Je fais un mouvement ample et rapide, qui pourrait se comparer à un ferrage mais canne basse. Le résultat est que mon glider nage vite et de façon erratique sur environ 1m, comme un poisson qui se sauve. Puis, je fais un arrêt complet ou deux petits coups de scion (walk the dog)... et je recommence : tirée ample agressive.. etc..etc.. Grâce à cette méthode, j'ai remarqué que j'avais très peu de "suiveux" et que j'arrivais souvent à décider ces fameux poissons lunatiques avant qu'il n'atteigne le kayak. 

Et cette combinaison gagnante n'allait pas tarder à décider le premier diablotin vert croisé dans la journée. Bim! Deux coups de tête... décroché.. merdouille...

Quelques coups de pagaie plus loin, je lance à nouveau... gros remous derrière mon leurre... et ..B.. ah non, gros mou dans la ligne, il file vers moi à toute blingue avec mon leurre dans la gueule! mouline mouline mouline et merdouille encore décroché!... Je balance mon leurre tout de suite dans la direction prise par le fish et cette fois-ci, Bam! Là, c'est solidement pendu, un beau combat et quelques sauts plus tard, je vois un joli muskie d'une 40aine de pouces! 


Quelques minutes plus tard, j'enchaîne avec un deuxième plus petit d'environ 35 po.


Et vers la toute fin de ce qui s'avère finalement une demie journée de pêche, au détour d'une petite baie dans à peine 1m50 d'eau une violente attaque et quelques cabrioles plus tard, un autre beau muskie bien grassouillet comme il est de coutume à l'automne vient me rejoindre.

Dominique, quant à lui, n'est pas en reste. Après s'être fait démonter par un muskie qui s'est emmêlé dans sa pôle servant à se mettre debout sur son kayak, il prend également deux jolis muskies de 30 - 35 po environ.


Bref, encore une belle journée sur l'eau (où il aurait été de bon aloi d'avoir la gopro pour immortaliser le moment.... grrr)

samedi 5 décembre 2015

Les derniers musky d'automne

Voici quelques photos de nos dernières sorties avec Guillaume. C'était pas toujours chaud mais on en a eu quelques uns ;)


























De retour sur un spot où je n'avais pas pêcher depuis 2 ans et c'est la première fois que j'y allais avec Guillaume. Une sortie pas facile ...
Les musky étaient concentrés sur les baitfish de l'année et ne voulaient pas bouger sur des leurres plus gros. Guillaume a réussi a en faire sur du très petit leurre en insistant beaucoup sur les zones.
Moi de mon côté, cette journée c'est soldé par un beau capot avec beaucoup de suivi qui n'ont rien donnés ...


Voici une petite vidéo en direct live de cette capture, pas de musique, juste le chant du moulinet ;)



Une autre sortie deux semaines plus tard sur ce spot a été bien meilleure.
Beaucoup d'oiseaux piscivores sont sur les rassemblements de baitfish de l'année et c'est sûr que les musky sont en-dessous.
On voit quelques rares chasses, et leurs proies ne font pas plus de 3 pouces. Guillaume essaye avec tout ce qu'il a dans sa boîte mais, mise à part quelques suivis timides, rien.
De mon côté, je sors un petit au large d'un herbier qui a engloutit ma mouche. Un poisson qui nous a redonné le moral!




Le soleil commence a descendre, le vent se calme et on voit de plus en plus d'activité.
Nous avons quelques suivis mais impossible de les faire embarquer sur la figure en 8, donc on insiste et ça finit par payer

Un 36" très gras et bien en forme


Peu de temps après, Guillaume ferre un poisson de la même taille sur un glider :



























Et juste avant de partir, je fais quelques derniers lancés le long des nénuphars et un autre petit d'environ 30" viendra prendre ma mouche.

Ça sera notre dernière sortie productive de la saison mais le rendez-vous est déjà fixé pour l'année prochaine!

Thomas


samedi 10 octobre 2015

vendredi 14 février 2014

Musky en kayak 2013 - jour 1 - du musky olympique!

L'année passée, j'ai enfin pu organiser une sortie avec Thomas pour aller pêcher une nouvelle rivière pour le musky. L'utilisation du kayak était tout à fait à propos car la section que nous voulions pêcher était parcourue de plusieurs petits rapides qui la rende inaccessible avec une chaloupe et pas mal compliquée à faire en canot (portage compliqué sur les roches ou la boue en berge...).

Nous avions remis notre journée de pêche en raison d'un violent orage qui avait fait gonflé les eaux de la rivière trois jours auparavant. Le débit est redevenu normal, l'eau est un peu turbide mais nous sommes confiant! C'est donc soulagé que nous commençons à donner nos premier coup de pagaie dans ce nouvel environnement...

Thomas (voir son blogue Fish addict team) est un adepte de la pêche du musky à la mouche. Il confectionne lui-même ses propres mouches qui ont la taille et l'allure de marionnettes du Muppet Show armées d'un hameçon 3/0... Faut dire qu'on pêche le musky ici, pas la mouchetée!!! Quant à moi, j'ai laissé ma canne à mouché dans la voiture, ce que je risque de regretter plus tard (nous y reviendrons!!).
Une des mouches de Thomas

De mon côté, n'ayant pas encore de canne casting pour le musky, j'emprunte celle à Thomas qu'il m'a gracieusement prêtée pour la journée... Je décide d'attaquer avec mon leurre de prédilection pour le musky : un bon vieux spinner bait.

Quelques coups de pagaie et quelques lancés plus tard... dans une zone calme et peu profonde où on aperçoit ça et là de grosses roches... Je prend ça relax et je pêche assis... un toc... ferrage! Ah non merde c'est une roche... je ramène tranquillement mon spinner bait. Étant assis, mon angle de vue ne me permet pas de voir correctement dans l'eau, et pourtant une ombre rôde... Tel un chevreuil aveugle, sourd et enrhumé, je ne sens rien arriver. Et tout se passe très vite... CRAC! «comment ça crac?» «merde, la canne vient de péter en deux!!!». 

«Merde, j'ai péter ta canne!»


Et oui, vous reconnaissez certainement maintenant la scène qui a été immortalisée dans la vidéo moments cocasses et reprise aussi dans la vidéo sortie musky en kayak 2013 qui résume les deux journée que je vais vous narrer. S'en suit un combat homérique (ou burlesque??) où j'ai l'impression de ramener un musky avec... un manche à balais! Thomas m'aide à épuiser ce petit délinquant écaillé... On est content quand même, malgré le bris de matériel (je me suis acquitté depuis de ma dette!!!) on a fait notre premier musky en 10 minutes de pêche, c'est encourageant!!

Le délinquant écaillé qui a pété la canne de mon pote Thomas...

Par la suite, nous avons quelques musky curieux qui suivent nos offrandes sans attaquer et qui viennent nous narguer sous les kayaks mais rien de concluant. 
Après une succession de rapides, nous entrons dans une section de la rivière bordée de part et d'autre de vieux saules plongeants dans la rivière et parfois même complètement couchés dedans. La chaleur s'est installé et instinctivement, nous les cherchons donc directement sous ces branches. Et bien nous en a pris car après c'est le festival! enfin je devrais dire, le festival pour Thomas! Il va enchaîner 5 musky, une casse et une décroche! 


Thomas et deux de ses musky


Moi de mon côté, j'ai de nombreux suiveux mais aucun de piqué réellement, il y en a même un qui a réussi à attaquer et à recracher mon spinner bait lorsque je faisais ma figure en 8 près du kayak, sans que je le pique! Pour information, la figure en 8 consiste à faire accélérer et faire changer de direction son leurre lorsque l'on arrive en fin de récupération, ce qui décide quelques fois à faire attaquer des musky qui ont suivi le leurre jusqu'à l'embarcation, ce qui leur arrive souvent!
Bref, je suis moins efficace, armé de ma canne de rechange qui est moins précise et m'empêche de pêcher au raz des branches submergées comme je voudrais (voir dans la vidéo moments cocasses, l'épisode «musky doesn't eat grass»). De toute façon, bon ou mauvais lancers, même si j'arrive à les faire sortir de leur repaire, je n'arrive pas à les décider à attaquer! À ce moment-là, j'oscillais entre émerveillement, frustration, excitation et incrédulité! Pratiquement derrière chaque arbre tombé, nous arrivons à faire sortir un musky!

Musky doesn't eat grass!
Au détour d'un énième saule, je m'applique du mieux que je peux à lancer une cuillère bucktail (j'ai évidemment changé souvent de leurre et d'animation pour pouvoir décider les musky...). Plaf... la cuillère touche l'eau, une vague sors du saule submergé... j'attend le contact... CONTACT! Yessssss cette fois-ci, je le tiens... mais c'est pas gagné!

Cette fois-ci, je le tiens... mais c'est pas gagné!
S'en suis un combat homérique, moi debout sur mon kayak à me contorsionner afin d'accompagner les sauts de ce diablotin vert et surtout, afin d'éviter qu'il ne se fraye un chemin dans l'arbre... et ce bougre de musky qui fait cabrioles sur cabrioles...

Finalement, Thomas arrive à la rescousse et on arrive à épuiser la bête... «Pas si mal» m'exclamais-je! Nous rejoignions la rive pour faire une belle photo, le musky nous suivant, confortablement installé dans l'épuisette. 


Et en cette période de jeux olympiques, sachez qu'il nous est arrivé une drôle d'anecdote (et oui... encore une anecdote me direz-vous!!!)! En descendant la rivière vers notre point d'arrivée, nous tombons sur deux autres pêcheurs de musky en cannot. Nous entamons la conversation... et en leur demandant ce qu'ils font dans la vie, et bien figurez-vous qu'on était en présence d'un athlète qui est présent à Sotchi dans l'équipe Canada : il s'agit d'Olivier Jean qui est patineur de vitesse! Go Canada Go!!!

Ce que je retiens de la journée : de nombreux musky vus, quelques uns de pris, une rencontre fortuite avec un athlète olympique... Bref, une journée de musky... olympique!

Je vous reviens bientôt avec un récit sur la deuxième journée.

PS : Finit le bla bla et vous voulez de l'action? allez voir la vidéo qui relate cette sortie : sortie musky en kayak 2013.

Vidéo : musky en kayak 2013

Voici une courte vidéo qui résume mes deux sorties au kayak au musky, le tout avec du bon son!!

En parlant de la musique justement, vous la trouverez en téléchargement gratuit (et légal bien entendu!) ici : https://soundcloud.com/unlimitedgravitymusic/awolnation-sail-unlimited

Encouragez également l'artiste sur sa page facebook : https://www.facebook.com/UnlimitedGravityMusic

Enjoy! :)




mardi 14 janvier 2014

Vidéo musky monstres 2009

Ma première vidéo qui illustre mon récit sur ma journée de pêche miraculeuse au musky en 2009. Comme je m'amuse comme un petit fou avec Imovie, ne vous inquiétez pas, il y en aura d'autres! :)



 
Musky monstres 2009 from Guillaume Delair on Vimeo.

Fish addict team

Deux superbes vidéos de mon pote Thomas où je me retrouve derrière la caméra certaines fois :)

Allez visiter son blogue : http://fish-addict-team.over-blog.com



Musky or Nothing from Guyard Thomas on Vimeo.

Musky d'automne from Guyard Thomas on Vimeo.

Musky monstres 2009

Ça me taquinait déjà depuis un moment... cela faisait un an que j'étais au Québec à l'époque et je n'avais pas eu la chance de me mesurer à l'ultime prédateur d'eau douce du Québec : j'ai nommé le maskinongé, appelé aussi maski, masky ou musky. Ce proche cousin du brochet, dont l'aire de répartition se situe en Amérique du nord, peut atteindre des tailles très imposantes, le record actuel étant de 1m47 pour environ 30 kg (58 po pour 65 lbs) !

Afin de mettre toutes les chances de mon côté, je décide de faire affaire avec un service de guidage. Mon pote Raph, qui dans un premier temps hésitait à m'accompagner, se décide finalement. La réservation est faite et... l'attente est longue!

On est en juillet 2009, c'est le grand jour! La température de l'eau est stable et au beau fixe depuis plusieurs jours... la journée s'annonce confortable. Espérons qu'elle soit aussi productive!

On arrive sur les lieux à 6h, le temps de discuter un peu avec nos deux guides de la journée, qui sont en fait deux frères passionnés de maskinongé, et d'admirer le joli petit joujou qui va nous promener toute la journée... et c'est parti mon kiki!


«C'est parti mon kiki !»
Comme j'ai déjà un petit creux, n'ayant pas eu le temps de déjeuner, je sors une des 3 bananes que j'avais ramenées de la maison... JF, l'un des guides, me dit : «Est-ce que tu savais que chez nous, il y a une superstition comme quoi les bananes portent malheur sur un bateau de pêche???» Bien entendu, je n'en avais aucune idée et je ne suis pas d'un naturel superstitieux... on va vérifier si j'avais tort ou non!

Une fois arrivé sur un premier spot prometteur, on commence à discuter matériel. D'entrée de jeu, je dis à JF et JP, nos deux guides, que je préfère prendre les musky au casting plutôt qu'à la traîne... je trouve ça bien évidemment plus sportif et plus riche en adrénaline! Ce qui fait tout à fait leur affaire! N'étant pas encore équipé à l'époque pour ce type de pêche, JF me tend une canne de type lancer lourd pour la journée (une vrai trique!) et un moulin (reel pour mes amis québécois!) garni de tresse de 70 lbs test... agrémentée d'un bas de ligne en fluorocarbone de 130 lbs test (que Raphaël Nadal aurait trouvé trop gros pour son cordage de raquette!) avec, à l'extrémité, un émerillon qui aurait pu servir à accrocher un luminaire! Trouvant le matériel disproportionné, même si on a affaire à du gros fish, JF, prônant la remise à l'eau de ses prises, m'explique que des études ont démontré qu'un musky dont le combat est écourté a plus de chance de survie. En effet, c'est un poisson extrêmement nerveux qui, si le combat s'éternise, produit énormément d'acide lactique qui peut provoquer, à terme, sa mort. Aujourd'hui encore, je n'ai pas vu d'études sérieuses sur le sujet, je vais fouiller pour faire un article là-dessus. Le premier leurre utilisé... un spinner bait format géant!

Un peu perplexe donc devant le matériel utilisé, je m'attèle cependant à la tâche! Je ne suis pas vraiment habitué à pêcher avec des moulinets à tambour tournant mais j'apprends vite! Ah... autre chose... la vitesse de récupération du leurre! JF me dit «Si tu as l'impression de reeler (mouliner) vite... reele encore plus vite!». Vraiment à l'opposer d'une pêche fine et discrète que l'on pratique bien souvent en France pour le brochet, là il faut garocher un énorme amat de métal ressemblant à un spinner bait muni d'un hameçon digne de la prothèse de capitaine Crochet et le treuiller le plus vite possible!

Le terrain de jeu se compose de hauts-fonds parsemés de potamots, une plante particulièrement appréciée du maskinongé, dense, mais pas trop! Je suis patient, je ne m'attends pas à grand chose de la journée tout en sachant que la prise d'un gros maskinongé reste quelque chose d'exceptionnel et que cette journée avec deux spécialistes me permettra, au pire, d'en apprendre plus sur les moeurs de ce magnifique ésocidé.

Mais, bizarrement, ce que l'on surnomme «la chance du débutant» va encore frapper ce jour-là, n'en déplaise à la malédiction séculaire de la banane!

Au bout d'une heure environ, je commence à être habitué au matériel et mes lancers sont plus précis. J'apperçois une trouée dans les herbiers et y balance mon méga spinner bait qui touche la cible avec fracas. Reel, reel, reel... je ramène mon leurre à toute blingue au raz de la surface, à la limite de le faire éclabousser hors de l'eau. C'est alors que l'improbable se produit : en une fraction de seconde, une masse blanche et verdâtre accompagnée de gerbes d'eau explose, contrastant avec la surface calme du fleuve Saint-Laurent... S'ensuit une énorme secousse dans mon avant-bras... Ma pupille se dilate et un réflexe, plutôt qu'un geste calculé, se produit instinctivement dans mon bras de pêcheur aguerri : le fameux GFB (Gros Ferrage de Bourrin!). Une chance que JF m'avait dit justement de ferrer fort, car la gueule d'un maski est extrêmement dure!
«Pendu!»

Pendu! J'ai peine à y croire, le temps s'arrête. Je reste concentré sur le fish et j'essaye de m'habituer à ce #$#!% ! de frein de moulinet que je ne maîtrise pas encore. Des violents coups de tête, ça part à droite, à gauche et... la ligne se relâche... non il ne va pas... mais oui, il me fait une magnifique chandelle! Ok... c'est comme un énorme pike, mais ça saute comme un bass! Hallucinant! Je reste concentré. Au bout de quelques minutes, je le sens prêt à me rencontrer" JF met l'épuisette - je devrais dire le filet de chalutier - à l'eau. Je glisse la belle (c'est une madame) dans l'épuisette et... je n'en crois pas mes yeux! C'est le plus gros poisson que je n'ai jamais pris, toutes espèces confondues! Je note les différences par rapport au brochet: contrairement au brochet, ce dernier ne semble pas avoir peur, il est au sommet de la chaîne alimentaire dans l'eau - n'en déplaise aux malheureux bipèdes terrestres que nous sommes - sa couleur particulière, sa caudale en forme de «V», la tête massive me faisant penser à un pitbull d'eau douce. Quelle bête magnifique! J'exulte!


Encore sous le charme de la bête, je me rends à peine compte que JF s'apprête à le hisser à bord pour une rapide photo. J'ai juste le temps de saisir la caudale. Avec du recul, j'aurais aimé tenir égoïstement la bête de mes propres mains comme j'ai pu tenir des centaines de brochets, mais tout se passe très vite et c'est mieux pour le poisson. On le place ensuite dans la civière afin de le mesurer... 50 pouces, c'est à dire 1m27! Son poids, quant à lui, est estimé à environ 35 lbs (16 kg). On sort ensuite la belle de la civière... je la tiens une dernière fois par la caudale et elle se propulse tel un éclair, nous gratifiant d'une belle éclaboussure attestant de sa parfaite condition physique, un release comme on les aime! Wow... je me dis à ce moment-là que le reste de la journée, c'est du bonus!
«50 pouces, c'est-à-dire 1m27!»

Mais voilà que, après l'improbable, l'inconcevable se produit!

Environ une heure plus tard, au détour d'un autre massif de potamot, j'aperçois une énorme masse qui, sans se précipiter outre mesure, sûre de sa capacité à détruire mon leurre quelle que soit sa vélocité, engloutit - je devrais dire aspire - mon énorme leurre (toujours le même spinner bait) d'un trait! J'ai à peine le temps de crier «Yep, fish on!» que la formidable reine du secteur - je suppose qu'il s'agit encore d'une femelle vu sa taille - replonge vers les abîmes semblant à peine prêter attention à ce qui se passe, comme si personne n'aurait l'effronterie de vouloir la déranger, comme si elle se disait «mmm, ça tire un peu sous ma 347e canine à droite, pas grave, je retourne dans mon abri... 
«sois doux avec» qui disait...
J'arrive cependant à la brider rapidement, aidé de ma trique et de ma tresse de 70 lbs test. Le sous-marin remonte proche du bateau, nous pouvons enfin apercevoir cette poutre dans un véritable «wow» d'exclamation généralisée dans le bateau. Je jubile, j'hallucine, je tremble, j'exulte... je suis dans un état de concience proche du nirvana du pêcheur. S'ensuit une gerbe d'éclaboussure me rappelant à l'ordre: le combat n'est pas terminé! On respire un grand coup et on reste concentré! JF me lance : « je pense qu'il est encore plus gros que le précédent...». C'est possible ça? Deux maski au dessus de 50 po à une heure d'intervalle? En plus, j'ai ramené des bananes sur le bateau!! 
«le sous marin remonte proche du bateau»
Je me refocalise sur le poisson, en fait, je suis toujours resté focalisé dessus. Sa lente approche du bateau laisse penser au capitaine JP que la bête est prête... Il me dit aussi «sois doux avec!». En moi-même, je me dis que je fais ce que je peux, mais pour le moment, c'est elle qui mène le combat comme elle le désire! Elle se décide à replonger en se dirigeant vers la proue du bateau puis se retourne finalement... C'est le moment! JP est prêt avec le filet... je ramène la belle dans l'épuisette. Elle nous gratifie d'un début de salto une fois dans le net en ouvrant sa gueule immense et pleine de dents, comme pour nous mettre en garde. Impressionné, je me dis que ma tête loge certainement entre ses mâchoires.
«ouvrant sa gueule immense et pleine de dents»
Je crois que je viens de battre à nouveau mon record personnel qui a tenu... 1 heure! et qui tient encore à ce jour... largement! Je nage en plein délire, je n'y crois même plus... ça dépasse mes plus beaux rêves de pêche! Après la photo d'usage (où, encore une fois, ma béatitude m'empêche de penser à prendre mon trophée dans une dernière étreinte pour une photo plus «stylée»), on passe au verdict dans la civière munie d'une règle à mesurer : 54,5 po soit 1m37! Pour
un poids tout en muscle estimé entre 40 et 45 lbs (environ 20 kg). JF me dit que ce poisson, s'il avait été pris l'automne, pourrait peser au moins une dizaine de lbs de plus. Wow... Je jubile! Je pose ma main sur sa tête pour immortaliser l'instant. Puis, c'est l'heure des adieux. Je la tiens une dernière fois, m'inquiète un peu de son manque de réaction, mais je suis enfin soulagé lorsqu'elle contracte ses muscles endoloris par l'effort pour se libérer de mon étreinte. Je suis aux anges, dans le bateau, l'euphorie nous gagne, je suis un pêcheur comblé!

«54,5 po soit 1m37!»
Et c'est en spectateur, avec un sourire jusqu'aux oreilles, que j'ai assisté aux prises de mon pote Raphaël qui, loin d'être en reste, a fait lui aussi deux maskinongés à la traîne de 44 et 46 po (1m11 et 1m17), en plus d'en décrocher un autre et de faire un brochet qu'on aurait certainement mesuré une autre journée, mais qui, s'il semblait petit comparé aux maskinongés, devait certainement faire entre 90 cm et 1 mètre... J'ai aussi échappé un énorme achigan à petite bouche qui avait réussi à happer mon énorme spiner bait. 






En conclusion, j'affirme qu'on peut consommer de la banane sans modération sur un bateau de pêche, foi de crinqué!